EvénementREPRÉSENTER LES TERRITOIRES · En 5 films

DU 7 FÉVRIER AU 28 MARS
REPRÉSENTER LES TERRITOIRES
Cycle de cinq séances en partenariat avec l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne
« Amener des étudiant·es de première année en géographie à interroger la manière dont les territoires sont représentés au cinéma autour des thèmes de la métropole, des grands espaces, des campagnes, des ghettos et de l’espace communiste. Appréhender chaque film en fonction de son esthétique propre, et réfléchir à la manière dont ils se répondent. Voilà les objectifs de ce cycle de projections, organisées en partenariat avec l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et ouvertes à tous·tes. »
Jean Gardin – Maître de conférences en géographie physique, humaine, économique et régionale
MULHOLLAND DRIVE
De David Lynch
USA, FRANCE I 2001 I 2h26 I VOSTF
Avec Naomi Watts, Laura Harring, Justin Theroux
Prix de la mise en scène – Festival de Cannes 2001
(thème : la métropole)
À Hollywood, Rita, une jeune femme, devient amnésique suite à un accident de voiture sur la route de Mulholland Drive. Elle fait la rencontre de Betty, une actrice en devenir qui vient de débarquer à Los Angeles.
« Histoire, rêve, abstraction, la triade sacrée de Lynch est à la fois le thème et le vecteur du film, comme si les images sous nos yeux se mettaient à délirer leur identité, se comparant, se superposant, s’annulant, se déchirant les unes des autres, d’abord lentement, puis de plus en plus vite avant déflagration de visages extatiques brûlés au flash. […] Mulholland Drive ressemble fort à un art poétique de Lynch où son rapport au cinéma, sa manière de s’inscrire en marge d’Hollywood, d’envisager la vision d’un film comme une expérience du mystère qui n’a pas pu être élucidé, sa conception du glamour et de son envers de pur chaos, son radicalisme esthétique s’exprime dans un langage de toute beauté. » Didier Péron – Libération
SIRĀT
D'Óliver Laxe
ESPAGNE, FRANCE I 2025 I 1h55 I VOSTF
Avec Sergi López, Bruno Núñez Arjona, Richard Bellamy
Festival de Cannes 2025 - Prix du Jury
(thème : le désert)
Au cœur des montagnes du sud du Maroc, Luis, accompagné de son fils Estéban, recherche sa fille aînée disparue. Ils rallient un groupe de ravers en route vers les profondeurs du désert.
« Sirât fait partie de ces films qui en évoquent systématiquement trente autres sans jamais ressembler à aucun. À la fois road-movie existentiel, aventure biblique d’une religion nouvelle, voyage au bout du bout du bout de l’enfer, traversée impossible d’un Styx asséché − Al-Sirat est, dans la culture islamique, un pont passant au-dessus de l’enfer pour mener au paradis – le film d’Oliver Laxe est, dès ses premières images, terrifiant, fascinant, bizarrement inédit. » Lelo Jimmy Batista – Libération
PARTIE DE CAMPAGNE
De Jean Renoir
FRANCE I 1946 I 40’
Avec Sylvia Bataille, Georges Darnoux, Jacques Brunius
(thème : la campagne)
Été 1860. La famille Dufour vient passer « une journée à la campagne » en famille et s’arrête dans une auberge en bord de Seine. Tandis que le déjeuner sur l’herbe est dressé, deux canotiers viennent à leur rencontre.
« Jamais Jean Renoir n'a rendu hommage à la peinture de son père Auguste avec autant de justesse et de beauté. Chaque plan est une reconstitution de tableau, incluant parfois le cadre ou se blottissant dans des détails de la nature frémissante. Cet hymne à l'amour fou capte le fluide qui circule entre deux créatures éperdues mais déjà damnées : avant de s'aimer, Henriette et Henri énoncent séparément leur peur de faire du mal (lui ne veut pas séduire pour abandonner, elle s'apitoie devant les insectes qui souffrent sous ses pieds). Resté inachevé, Partie de campagne a finalement la forme émouvante de ce qu'il pleure : l'impossible accomplissement d'un désir. » Marine Landrot – Télérama
L’ÂME DES GUERRIERS
De Lee Tamahori
NOUVELLE-ZÉLANDE I 1994 I 1h42 I VOSTF I Int -16 ans
Avec Rena Owen, Temuera Morrison, Mamaengaroa Kerr-Bel
(thème : le ghetto)
La famille de Jake et Beth Heke vit dans une banlieue pauvre de Auckland. Rendu alcoolique et brutal par la perte de son travail, Jake fait peur à ses cinq enfants. Sa femme, Maori, s’oppose à ses crises. Mais tout va bientôt voler en éclats dans une escalade de violence dont personne ne sortira indemne.
« Ce film blesse et malmène jusqu ’aux larmes celui qui le regarde, impose une violence suffocante peu ordinaire. Même si on ignore tout du sous-prolétariat d’origine maorie, de ces 12 % de Néo-Zélandais en exil sur leurs propres terres, le réalisateur nous lie chair et sang à leur destinée. Il filme avec rage, mais sans misérabilisme. Il parle de mémoire et d’innocence brisée, d’un passé mythique, refuge illusoire contre l’alcoolisme et le chômage. Servis par des acteurs d’une puissance presque insolite, les personnages ne sont pas les jouets du déterminisme social, mais des êtres à part entière, révoltants, émouvants, profondément humains. » Cécile Mury – Télérama
SOY CUBA
De Mikhail Kalatozov
URSS I 1964 I 2h21 I VOSTF
Avec Jean Bouise, Sergio Corrieri, Roberto Cabrera, Celia Rodriguez
(thème : l'espace communiste)
La Havane, 1958. Cuba n'est qu'un vaste terrain de jeux pour riches américains et propriétaires terriens sans scrupules. C'est le règne de la corruption, de l'argent, de la luxure. À travers quatre histoires, Soy Cuba dépeint la lente évolution de Cuba, du régime de Batista jusqu’à la révolution castriste.
"L'étendue des talents de Kalatozov surprend à tout instant. Ainsi que son art de filmer des plans de plus en plus centrés sur ses personnages : jamais leur durée n'insupporte le spectateur, mais le plonge dans un malaise grandissant face à la détresse transmise par les acteurs. » Gwenola Martel – Libération
